Les collages de Joe Webb

Giant Leap, collage, 2014.

Giant Leap, collage, 2014.

Joe Webb, graphiste anglais de profession, élabore d’étonnants collages arborant une esthétique surréaliste.
Las de travailler le plus clair de son temps devant un écran d’ordinateur et plus largement de l’omniprésence de la technologie dans son quotidien, Joe Webb abandonne de temps à autre son ordinateur pour réaliser manuellement des collages.
Le choix judicieux des images combinées et la précision dont il fait preuve dans les raccords de ses collages donnent parfois l’impression qu’ils ont été créés ou retravaillés par ordinateur. Il opère cependant sans support numérique et sans retoucher ses images.

Les collages de Joe Webb sont réalisés à partir d’images découpées qu’il déniche dans d’anciens magazines dont la plupart proviennent des années 1950. Comme il l’explique, il se limite à deux ou trois images pour confectionner ses collages. Il les assemble ensuite en une seule en gardant pour « objectif de communiquer un nouveau message ou une nouvelle idée » avec celle-ci. Dans l’entretien qu’il livre au Huffington Post, Webb évoque notamment de façon très claire son parti-pris de toujours vouloir signifier quelque chose au travers de ses œuvres.

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Les boîtes de Joseph Cornell

«  Aussi longtemps que Cornell vit et travaille, l’Europe ne peut ignorer l’art américain », Robert Motherwell, 1953.

Joseph Cornell par Duane Michals

Joseph Cornell, artiste américain né en 1903 à Nyack dans l’état de New York est bien l’une des personnalités les plus touchantes et atypiques du monde de l’art. Proche de Marcel Duchamp avec qui il a collaboré à la réalisation de ses Boîtes-en-valise ainsi que des surréalistes, les productions artistiques de Joseph Cornell demeurent néanmoins uniques en leur genre et sont irréductibles à toute tentative de classification.

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Mouna Saboni , photographe de la mélancolie

Mouna Saboni, série Va Com Deus, Série photographique réalisée dans les favelas de Rio de janeiro au Brésil d'Aout à Octobre 2012.

Mouna Saboni, série Va Com Deus, Série photographique réalisée dans les favelas de Rio de janeiro au Brésil d’Aout à Octobre 2012.

Enfermement, oppression, frustration. Autant de termes pour rendre compte des situations que Mouna Saboni photographie : les Palestiniens enfermés dans des camps et rêvant de regagner leur « homeland » ; les marocains tentant encore et encore de rejoindre l’Espagne par la mer ; les brésiliens prisonniers de leur oppressante favela. L’oeuvre de Mouna Saboni est engagée, sociale. Et pourtant, dépassant l’aspect purement documentaire, la photographe produit une œuvre particulièrement sensible, confinant parfois à l’onirisme, peuplée de fantômes, et où affleurent mélancolie et nostalgie.

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Whistler : peinture et poésie

Whistler, nocture en bleu et or, 1872-5

Whistler, nocturne en bleu et or, 1872-75, huile sur toile, Tate, Londres.

(Reprise d’un travail universitaire)

« Ce que le tableau représente ? Cela dépend de celui qui le regarde».

Ces propos, Whistler les tient lors d’un procès qui l’oppose à Ruskin, célèbre critique d’art de l’époque, en 1878.
En effet, cette même année Whistler exposait certaines de ses Nocturnes, lesquelles inspirent à Ruskin des propos que l’artiste juge insultants : le critique accuse l’artiste d’avoir jeté un pot de peinture à la face du public. Whistler lui intente alors un procès qui fera grand bruit. L’avis de Ruskin est en effet largement partagé par ses contemporains : loin d’apprécier la poésie qu’on lui reconnait aujourd’hui ils n’adhèrent pas à la nouvelle esthétique mise en place par l’artiste. Une esthétique notamment incarnée par l’œuvre Nocturne en bleu et or le vieux pont de Battersea, fer de lance du procès.

Quels sont les principes de cette nouvelle esthétique et pourquoi fut-elle aussi âprement rejetée par ses contemporains ?

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