La notion d’objet chez Richard Estes

(Reprise d’un travail universitaire)

Ici il sera question de Richard Estes, un artiste américain qui à l’instar de Gerhard Richter réalise ses peintures à partir de photographies. A la différence de ce dernier, Estes s’enthousiasme pour le paysage urbain. Il est né en  1932 dans  l’Illinois (Etats-Unis), a étudié à l’Art Institute de Chicago et s’affirme sur la scène artistique comme un peintre hyperréaliste. Ses toiles arpentent New-York, Chicago, Paris, Florence… Nous nous promènerons donc à travers ses peintures pour tenter d’avoir un aperçu de son travail pictural et essayer d’en comprendre les principaux enjeux.

Richard Estes, 34 street Manathan,  Looking East, 1982, huile sur toile, 231.1cm x 231.1 cm.

Richard Estes, 34 street Manathan, Looking East, 1982, huile sur toile, 231.1cm x 231.1 cm.

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Dialogue entre Gerhard Richter et Marcel Duchamp

(Reprise d’un travail universitaire)

Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier n°2, 1912, 147 x 89,2 cm, Huile sur toile, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, Etats-Unis.

Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier n°2, 1912, 147 x 89,2 cm, Huile sur toile, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, Etats-Unis.

 » De toute manière, à partir de 1912, j’ai cessé d’être un peintre au sens professionnel du terme  » ( 1)

C’est ce que déclare Marcel Duchamp (1887-1967) suite à la réalisation de la seconde version du Nu descendant un escalier (1912). Après avoir été refusée au Salon des Indépendants de Paris en 1912, l’œuvre est exposée à l’Armory Show à New York (en 1913) où elle suscite le scandale. Elle donne chair à une volonté de rupture avec l’art pictural : le médium est perçu comme vain et désuet.  Or c’est à ce tableau, considéré comme le symbole d’une radicalité avant-gardiste, que le peintre Gerhard Richter (né à Dresde en 1922) décide de se confronter. formé en Allemagne de l’Est où l’art était asservi  à la propagande d’Etat, Richter rejoint l’Allemagne de l’Ouest en 1961 pour étudier à l’Académie de Düsseldorf entre 1961 et 1964. Dès 1962-63, il élabore ce qu’il nomme des « photo-peintures », soient des peintures qui s’inspirent directement de photographies. Ema (Nu sur un escalier) de 1966, se réfère à ce procédé. Elle fut conçue suite à la rétrospective de Marcel Duchamp, qui eut lieu en 1965, et que l’artiste allemand voit  au Museum Haus Lange de Krefeld. Il nous livre alors une toile qui incarne un discours critique sur la conception duchampienne de l’art pictural. Nous nous concentrerons donc sur la façon dont Richter parvient à s’extraire de l’aporie formelle dans laquelle Duchamp avait enfermé la peinture en la confrontant au médium photographique.

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La Nuit, Ferdinand Hodler

Reprise d’un travail universitaire
Image       La Nuit/Die Nacht, 1889-1890, huile sur toile, 116 x 299 cm, Berne, Kunstmuseum.

   Réalisé en 1889-1890, le tableau La Nuit suscite lors de sa première exposition, en Févier 1891 au Musée Rath de Genève, une véritable incompréhension chez les contemporains du peintre. Alors que l’œuvre avait été unanimement sélectionnée par le jury pour intégrer l’exposition, elle s’en voit retirée peu de temps après sous le motif du respect de la bienséance et de la moralité publique. « Mr Hodler voit laid », œuvre « lubrique » ou « immorale », tels furent les qualificatifs utilisés à son encontre. Non préparés au vocabulaire esthétique employé par Hodler, c’est davantage la façon de représenter le sujet que le thème illustré qui choqua le public et la critique de l’époque.

   Avant de débuter l’étude même de l’œuvre, il est nécessaire de rappeler la grande nouveauté apportée par les peintres au XIXe siècle. Alors que les siècles précédents étaient caractérisés par la quête toujours grandissante d’une représentation naturaliste – à comprendre dans le sens de fidélité à la réalité – le XIXe voit se démultiplier chez les peintres la volonté d’utiliser le médium pictural comme le vecteur de leurs sensations, émotions et sentiments. La Nuit, nous allons le voir, en est la parfaite illustration. Lire la suite

Whistler : peinture et poésie

Whistler, nocture en bleu et or, 1872-5

Whistler, nocturne en bleu et or, 1872-75, huile sur toile, Tate, Londres.

(Reprise d’un travail universitaire)

« Ce que le tableau représente ? Cela dépend de celui qui le regarde».

Ces propos, Whistler les tient lors d’un procès qui l’oppose à Ruskin, célèbre critique d’art de l’époque, en 1878.
En effet, cette même année Whistler exposait certaines de ses Nocturnes, lesquelles inspirent à Ruskin des propos que l’artiste juge insultants : le critique accuse l’artiste d’avoir jeté un pot de peinture à la face du public. Whistler lui intente alors un procès qui fera grand bruit. L’avis de Ruskin est en effet largement partagé par ses contemporains : loin d’apprécier la poésie qu’on lui reconnait aujourd’hui ils n’adhèrent pas à la nouvelle esthétique mise en place par l’artiste. Une esthétique notamment incarnée par l’œuvre Nocturne en bleu et or le vieux pont de Battersea, fer de lance du procès.

Quels sont les principes de cette nouvelle esthétique et pourquoi fut-elle aussi âprement rejetée par ses contemporains ?

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