Les étranges fragments d’Aurélie Haberey

Haberey Aurélie, Compartiments, photographie (suite de trois images) Tirage C-Print, diasec, 42 x 42 cm (chacune), 2004 (2)

Haberey Aurélie, Compartiments, photographie (suite de trois images) Tirage C-Print, diasec, 42 x 42 cm (chacune), 2004 (2)

Les photographies d’Aurélie Haberey composent un monde que l’on a du mal à ne pas qualifier de « féminin » : des lumières douces et des corps qui valsent…Mais des corps bien étranges, souvent démembrés et sans visages. En fait, ces photographies parlent d’un corps – le plus souvent féminin – qui vit, qui bouge et danse. Elles parlent de désir, car qu’est-ce que le désir sinon un jeu constant entre envie et frustration ?

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Mouna Saboni , photographe de la mélancolie

Mouna Saboni, série Va Com Deus, Série photographique réalisée dans les favelas de Rio de janeiro au Brésil d'Aout à Octobre 2012.

Mouna Saboni, série Va Com Deus, Série photographique réalisée dans les favelas de Rio de janeiro au Brésil d’Aout à Octobre 2012.

Enfermement, oppression, frustration. Autant de termes pour rendre compte des situations que Mouna Saboni photographie : les Palestiniens enfermés dans des camps et rêvant de regagner leur « homeland » ; les marocains tentant encore et encore de rejoindre l’Espagne par la mer ; les brésiliens prisonniers de leur oppressante favela. L’oeuvre de Mouna Saboni est engagée, sociale. Et pourtant, dépassant l’aspect purement documentaire, la photographe produit une œuvre particulièrement sensible, confinant parfois à l’onirisme, peuplée de fantômes, et où affleurent mélancolie et nostalgie.

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Fernand Khnopff : le flou identitaire

Artiste belge, lié à la mouvance symboliste, proche de Péladan et du mouvement de la rose+croix, Fernand Khnopff a produit une œuvre intéressante pour qui étudie le thème de l’identité.

En effet, Khnopff c’est d’abord une personnalité hors normes. Plutôt mal considéré par ses contemporains, la réception de son œuvre est mitigée. Timide, exclu des mondanités, il vit reclus dans son atelier, se consacrant entièrement à son art.
Mais Khnopff a également une autre passion : sa sœur. Omniprésente muse dépeinte sous milles visages et pourtant toujours égale.  L’artiste la photographie, puis la peint, inlassablement.

Capture d’écran 2013-10-19 à 15.32.10 Lire la suite

La Nuit, Ferdinand Hodler

Reprise d’un travail universitaire
Image       La Nuit/Die Nacht, 1889-1890, huile sur toile, 116 x 299 cm, Berne, Kunstmuseum.

   Réalisé en 1889-1890, le tableau La Nuit suscite lors de sa première exposition, en Févier 1891 au Musée Rath de Genève, une véritable incompréhension chez les contemporains du peintre. Alors que l’œuvre avait été unanimement sélectionnée par le jury pour intégrer l’exposition, elle s’en voit retirée peu de temps après sous le motif du respect de la bienséance et de la moralité publique. « Mr Hodler voit laid », œuvre « lubrique » ou « immorale », tels furent les qualificatifs utilisés à son encontre. Non préparés au vocabulaire esthétique employé par Hodler, c’est davantage la façon de représenter le sujet que le thème illustré qui choqua le public et la critique de l’époque.

   Avant de débuter l’étude même de l’œuvre, il est nécessaire de rappeler la grande nouveauté apportée par les peintres au XIXe siècle. Alors que les siècles précédents étaient caractérisés par la quête toujours grandissante d’une représentation naturaliste – à comprendre dans le sens de fidélité à la réalité – le XIXe voit se démultiplier chez les peintres la volonté d’utiliser le médium pictural comme le vecteur de leurs sensations, émotions et sentiments. La Nuit, nous allons le voir, en est la parfaite illustration. Lire la suite