Les boîtes de Joseph Cornell

«  Aussi longtemps que Cornell vit et travaille, l’Europe ne peut ignorer l’art américain », Robert Motherwell, 1953.

Joseph Cornell par Duane Michals

Joseph Cornell, artiste américain né en 1903 à Nyack dans l’état de New York est bien l’une des personnalités les plus touchantes et atypiques du monde de l’art. Proche de Marcel Duchamp avec qui il a collaboré à la réalisation de ses Boîtes-en-valise ainsi que des surréalistes, les productions artistiques de Joseph Cornell demeurent néanmoins uniques en leur genre et sont irréductibles à toute tentative de classification.

Cornell est un rêveur, un contemplatif avide de beauté et d’horizons lointains. N’ayant jamais voyagé en dehors des Etats-Unis, c’est depuis son atelier, depuis la fenêtre de sa chambre ou du fauteuil de son jardin qu’il rêve le monde. Décelant de la beauté aussi bien dans la grâce d’une ballerine, dans la pureté et l’innocence de l’enfance que dans les petites choses du quotidien, il laisse à sa mort en 1972, une œuvre infiniment riche et poétique.
D’une grande sensibilité, l’artiste dédia la majeure partie de sa vie à s’occuper de Robert, son jeune frère handicapé. Ce serait d’ailleurs pour divertir ce frère qu’il aimait tant qu’il aurait confectionné sa toute première boîte.
Selon Sylvie Ramond, commissaire de l’exposition Joseph Cornell et les Surréalistes à New York, c’est cependant en 1936 avec Soap Bubble Set que l’artiste inaugure la première d’une longue série de boîtes en bois vitrées qui le feront ensuite connaître du grand public.

Untitled (Soap Bubble Set), 1936.

Dans ses boîtes, Cornell élabore des microcosmes où s’entremêlent rêve et réalité. Ces petits lieux qu’il crée de toutes pièces, ne ressemblent en rien à des lieux réels mais évoquent davantage des «théâtres poétiques» selon ses propres termes. Nostalgique d’un monde passé, les boîtes qu’il réalise sont constituées d’objets divers (verres, pipes, coquillages, dés à coudre, papillons, cartes du ciel, sphères de bois, oiseaux de papier, etc.) qu’il déniche chez les brocanteurs et antiquaires ou au coin des rues de Time Square ou de la Sixième Avenue. Au-delà de l’aspect délicat et poétique de ses œuvres, le réemploi d’objets sans grande valeur témoigne de la réelle affection qu’il éprouve pour eux. Vestiges et témoins d’un passé révolu, Cornell leur fournit un dernier écrin en leur conférant ainsi « une (relative) immortalité».

SH


Bibliographie

– Solomon, Deborah, Utopia parkway: the life and work of Joseph Cornell, New York, Farrar Straus and Giroux, 1997.
– Waldman, Diane, Joseph Cornell: Master of Dreams, New-York, Harry N. Abrams, 2006.
Joseph Cornell, cat. exp., Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 15 octobre – 6 décembre 1981, Florence, Centro Di, 1981.
– Joseph Cornell et les surréalistes à New-York, Dali, Duchamp, Ernst, Man Ray…, cat. exp., Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon, 18 octobre 2013 – 10 février 2014, Paris, Hazan, 2013.

Publicités

Une réflexion sur “Les boîtes de Joseph Cornell

  1. Pingback: Joseph Cornell | emploi du temps

Laissez nous un petit mot !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s